Du 16 au 22 septembre, ce sera la 12ème Semaine internationale du revenu de base.
Comme nous le faisons depuis 2014, les membres et les collaborateurs de Revenu de base Québec soulignent cette Semaine par diverses activités.
Cette année, nous aurons des événements de Montréal à Gaspé en passant par Québec et Rimouski.
Neuf événements au total. Choisissez le vôtre
Lundi, 16 septembre, autour de 8h40
à la radio CKIA FM
en direct sur Facebook et YouTube
C’est à l’émission de Marjorie Champagne, Québec, réveille!, au poste CKIA FM de la Ville de Québec, que débutera la portion québécoise de la 12e Semaine internationale du revenu de base (Basic Income Week).
Diffusée en direct sur FaceBook et YouTube, l’émission est aussi disponible en balado-diffusion. Elle est un bon exemple de la vocation de cette «radio communautaire urbaine et citoyenne qui favorise l’émergence d’une société inclusive, solidaire et progressiste». Difficile de trouver mieux pour parler de revenu de base et de la programmation québécoise de sa Semaine internationale.
Mardi, 17 septembre, 17h
Bureau de Montréal de RBQ
5445, ave de Gaspé, bureau 602
(cherchez Nimonik, sur la porte)
Il y un projet d’expérimentation du revenu de base qui est en train de se développer dans l’Est du Québec. C’est un regroupement de gens travaillant en santé et dans la lutte contre la pauvreté qui l’élaborent sous le nom Alliance Revenu de Base Régions Est et le bel acronyme ARBRE.
L’un des promoteurs du projet, le docteur Yv Bonnier Viger, en fera la présentation. Il est directeur de la Santé publique Gaspésie-Les-Îles-de-la Madeleine; il représente le volet santé de l’Alliance. Les autres membres sont réunis autour du Rassemblement des assistées sociales et assistés sociaux du Témiscouata (RASST).
Horaire de la rencontre:
17h
Accueil, échanges informelles
17h30
Présentation du projet de l’Alliance Revenu de Base Régions Est
18h
Échanges sur ce sujet
18h30
Bières et repas, sur place ou dans un restaurant voisin, selon l’humeur de participants
Mercredi, 18 septembre, de 11h45 à 13h
à l’Université Laval, dîner-conférence
local 2419, Pavillon Charles-De-Koninck
Preuve de l’intérêt grandissant du revenu de base au Québec, comme partout au monde, deux jeunes personnes d’ici en ont fait le sujet de leur maîtrise.
Elles viendront nous les présenter dans le cadre des conférences organisées par le Centre d’analyse des politiques publiques (CAPP) et les Rendez-vous de science politique de l’Université Laval.
Ambre Fourrier a vu son mémoire publié chez Éditions Écosociété sous le titre «Le revenu de base en question». Elle y fait un tour d’horizon très éclairant des différentes propositions qui ont cours en ce moment et montre comment elles se complètent ou s’opposent. De plus, elle prend une position personnelle sur le sujet, dans la perspective de l’idée de la décroissance.
Alexandre Malenfant a fait sa maîtrise à l’Université de Tampere, en Finlande, un haut-lieu mondial de réflexion sur le revenu de base. Il a comparé les attitudes de syndicats finlandais et canadiens sur le sujet. À mesure que le débat prendra de l’envergure, il faut s’attendre que les syndicats aient leur mot à dire et que celui-ci pèse assez lourd. La recherche d’Alexandre Malenfant nous y prépare.
C’est le directeur du CAPP, Steve Jacob, qui présentera les conférenciers. Un membre de Revenu de base Québec agira comme modérateur.
Mercredi, 18 septembre, 17h à 19h
Librairie Saint-Jean-Baptiste
565, rue Saint-Jean, Québec
Faisant contre-point avec le dîner-conférence à l’université, le midi, cette fois dans le cadre décontracté de la chaleureuse Librairie Saint-Jean-Baptiste, Ambre Fourrier et Alexandre Malenfant viendront présenter le résultat de leurs recherches sur le revenu de base.
Cela pourra donner lieu à des échanges riches, à la fois, de l’expertise tirée de leurs études toutes récentes et des questionnements des personnes qui y participeront.
Jeudi, 19 septembre, 17h
Cégep de Gaspé
96, rue Jacques-Cartier, Gaspé
Le revenu de base est-il un outil efficace pour développer notre région?
Le directeur de la Santé publique Gaspésie-Les-Ïles-de-la-Madeleine, Yv Bonnier Viger, pose la question. La recherche qu’il poursuit sur le sujet, avec des collègues du Bas-Saint-Laurent, des citoyennes et des citoyens et d’autres acteurs sociaux permet d’établir sur des fondements solides la réponse à y donner.
Ses concitoyens sont invités à venir y réfléchir avec lui.
Vendredi, 20 septembre, entre 10 et 11h,
à CKIA FM
Le Groupe de simplicité volontaire de la Ville de Québec a une émission au poste CKIA FM: En toute simplicité. Ses animateurs, Jacques Delorme et Jacques Sénéchal recevront un membre de Revenu de base Québec à l’occasion de la Semaine internationale.
Il y a beaucoup de connexions entre les deux sujets: il y a fort parier, par exemple, que les tenants de la simplicité volontaire sauraient très bien utiliser un revenu de base… Bonne conversation en perspective!
Vendredi, 20 septembre de 13h30 à 16h
au Cinéma Paraloeil
274, rue Michaud, Rimouski
Jour de paye, de Christian Tod, le tout dernier film important sur le revenu de base sera présenté à Rimouski, dans sa version sous-titrée en français, en première nord-américaine.
C’est une initiative du cinéma PARALOEIL et du Regroupement Contre l’Appauvrissement Rimouski-Neigette pour la 12e Semaine internationale du revenu de base. Elle s’inscrit aussi dans la réflexion bien entamée sur le sujet dans le Bas-Saint-Laurent avec le projet ARBRE (Alliance Revenu de Base Régions Est).
Une excellente occasion de placer ce beau grand projet dans le mouvement mondial pour le revenu de base!
Horaire:
13h30 – Mot d’introduction / présentation des prochains films
13h45 – début du film
14h20 – fin du film
14h25 début de la discussion
16h fin de la discussion
Vendredi, 20 septembre, à 19h
à la Brasserie Benelux
245, Sherbrooke Ouest, Montréal
5 à 7 BIÈRES ET REVENU DE BASE
Venez rencontrer des militants du revenu de base et discuter des prochaines étapes pour le mouvement au Québec.
Dimanche, 22 septembre, à partir de 14h
Librairie Saint-Jean-Baptiste
565, rue Saint-Jean, Québec
Luc Gosselin, membre de Revenu de base Québec et de l’Alliance Revenu de Base des Régions Est (ARBRE) présentera l’ambitieux projet de l’Alliance d’expérimenter une «assurance revenu de base» pour un vaste territoire et sur une période de 20 ans.
La rencontre aura comme ressource pour les échanges une excellente présentation du projet préparée par le docteur Yv Bonnier Viger qui est le directeur de la Santé publique pour la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine et l’un des fondateurs d’ARBRE.
Les autres personnes fondatrices de l’Alliance sont membres ou proches du Regroupement des assistées sociales et assistés sociaux du Témiscouata (RASST). Ce Regroupement s’intéresse au revenu de base depuis de nombreuses années.
Approchant le sujet sous les angles de la santé et de la lutte contre la pauvreté, les membres de l’Alliance en ont acquis une expertise complémentaire incomparable. Le sérieux de leur ambitieux projet est indubitable.
À connaître!
Et c’est une excellente conclusion à la programmation québécoise de la 12ème Semaine internationale du revenu de base.
Aidez-nous à promouvoir le revenu de base au Québec! Nous recherchons un(e) bénévole qui va nous aider à bâtir le mouvement au Québec. Vous serez accompagné(e) par une équipe avec des compétences en gestion, communication et en financement. Si vous croyez qu’un revenu de base peut changer la structure de la société québécoise, joignez-vous à nous!
Revenu de base Québec est un organisme sans but lucratif avec but de promouvoir le revenu de base (et les autres concepts semblable – dividende de citoyen, revenu minimum garanti, revenu garanti, allocation universelle) au Québec.
Revenu de base Québec recherche une personne pour réaliser la mission de l’organisme et en assurer la direction générale. Les principales tâches seront de coordonner, de participer et d’assurer le suivi de plusieurs dossiers stratégiques, comme par exemple :
- Créer votre propre revenu de base en augmentant les cotisations des membres de l’organisme;
- Planifier, organiser, coordonner et superviser les projets et activités courantes de l’organisme;
- Contribuer au plan de développement stratégique;
- Établir des ententes avec des organismes;
- Procéder à la reddition de compte avec les différentes parties prenantes (gouvernements, municipalité, partenaires, conseil d’administration);
- Répertorier les opportunités de financement externe et rédiger des demandes de financement (projets, fonctionnement) afin d’accroître l’autonomie financière de l’organisme;
- Mobiliser les militant(e)s du revenu de base et les autres actrices et acteurs dans le milieu.
Qualifications essentielles
- Excellent français à l’oral et à l’écrit;
- Diplôme universitaire de 1er cycle avec spécialisation en science politique, économie et domaines connexes en gestion de projet ou dans tout autre domaine lié au poste;
- Connaissance du fonctionnement d’un OBNL;
Expérience souhaitée
- Plus de 2 ans d’expérience dans un poste de gestion touchant la responsabilité des ressources humaines, financières et matérielles, préférablement dans le domaine du service communautaire, dans un monde associatif ou philanthropique;
- Expérience dans la gestion de projet, de la planification à la réalisation;
- Expérience en communication : site web, rédaction de communiqués de presse, etc.
Capacités
- Capacité à développer des projets communautaires;
- Capacité à répondre à des demandes et à rencontrer des échéanciers serrés;
- Capacité à assurer le respect de politiques et de normes en vigueur;
- Capacité à communiquer efficacement oralement et par écrit.
Qualités personnelles
- Rigueur et approche structurée dans la réalisation des livrables et dans les suivis;
- Autonomie, initiative, leadership et esprit d’équipe;
- Esprit d’innovation et de synthèse, bon jugement, capacité d’analyse et de décision;
- Sens politique et habileté en communication;
- Fait preuve de flexibilité et de capacité à travailler sous pression.
Autres informations
- Transmettre une copie électronique de votre CV;
- Fournir une lettre de motivation
qui démontre que vous répondez aux critères de présélection; - info@52.60.93.202 avec le sujet: Bénévole en chef
Pendant de nombreuses années, les défenseurs du revenu de base ont fait pression pour que des projets pilotes démontrent le pouvoir de donner de l’argent à tous les citoyens. Tous les partisans semblent utiliser le projet de courte durée de Dauphin, au Manitoba, qui eut lieu dans les années 1970, comme un argument en faveur d’autres projets. Ces pressions exercées par les défenseurs du revenu de base ont donné lieu à deux projets pilotes: l’un en Finlande et l’autre en Ontario. Le projet finlandais se terminera selon toute vraisemblance à la fin de 2018. En effet, avec le parti actuellement au pouvoir, qui était dans l’opposition lorsque le projet a été adopté et qui s’y opposait fortement, rien n’indique que le projet sera prolongé. Quant à l’Ontario, le nouveau gouvernement a annoncé son intention de mettre fin à un projet qui vient à peine de commencer. Ces exemples démontrent bien la fragilité politique de ce type d’expérimentation pour le mouvement mondial du revenu de base.
Le but de ces projets était de recueillir des données scientifiques sur les effets du revenu de base et de s’en servir pour convaincre le public, les bureaucrates et les politiciens qu’il s’agissait d’une idée réaliste et logique. Cependant, la sphère publique étant ce qu’elle est, les deux projets n’ont pas donné les résultats escomptés. Il s’agit ici du coeur du problème : si des projets de revenu de base sont lancés par des politiciens, ils seront arrêtés par des situations politiques.
Les deux projets pilotes mis en place partageaient le même défaut : ils visaient tous deux les pauvres. Ils ont été conçus pour démontrer les avantages d’un revenu de base par rapport au système d’aide sociale traditionnel plutôt que de démontrer les avantages d’un revenu de base à davantage de groupes de la société (étudiants, contribuables, personnes âgées, etc.). En limitant les projets aux personnes qui se situent à des niveaux d’aide sociale ou qui s’en approchent, les projets se sont positionnés comme un autre programme d’aide sociale pour les pauvres. Comme dans la plupart des pays, la classe moyenne, qui travaille dur et paie des impôts, a peu de patience pour les assistés sociaux. Cela s’explique en partie par la limitation du revenu disponible et par la nature humaine. Nous avons vu, pays après pays, la réduction de programmes d’aide sociale dans le but d’équilibrer le budget, d’obtenir des votes ou de libérer des fonds pour d’autres programmes. Presque aucun pays au cours des trente dernières années n’a augmenté la taille de ses programmes d’aide sociale. Cela devrait être un (gros) indice pour les défenseurs du revenu de base.
La plupart des contribuables ont une patience limitée pour les gens qui ne travaillent pas (pour de l’argent). Penser autrement est tout simplement idéaliste et ne correspond pas à la population moyenne (votante). Lors d’un récent débat sur le revenu de base à Montréal, au Québec, j’ai demandé à la célèbre spécialiste du revenu de base Evelyn Forget comment, selon elle, devrions-nous payer pour un revenu de base. Selon elle, nous devrions augmenter les impôts des sociétés et des particuliers. Quand j’ai répondu que cela serait difficile dans la situation politique et économique actuelle, elle m’a répondu que c’était la meilleure façon de le faire et que les gens n’auraient qu’à “composer” avec des impôts plus élevés.
Je crois fermement que la façon dont nous finançons un revenu de base est SA caractéristique déterminante. Si vous le financez par les impôts, il sera considéré comme un autre programme d’aide sociale semblable aux programmes existants. C’est là un problème majeur puisque l’idée du revenu de base vise à se différencier des autres programmes. Si nous le finançons de la même manière, soit par le biais de l’impôt et de la redistribution, nous ébranlons l’argument qui rend le revenu de base si attrayant. Le revenu de base est censé briser le moule, joindre la gauche et la droite, simplifier la bureaucratie et donner plus de liberté aux individus pour construire leur vie. Si nous le finançons par le biais des impôts sur les travailleurs, il sera considéré (à juste titre) comme un transfert des travailleurs vers les non-travailleurs.
Par analogie avec la défense du revenu de base, nous pouvons examiner les défenseurs du logement abordable. Les deux groupes de militants estiment que leur proposition respective constitue un droit fondamental et que le logement devrait être facilement accessible. Dans le premier cas, les défenseurs du revenu de base soutiennent que tous les membres d’un pays développé devraient avoir un niveau de revenu minimum qui assure l’essentiel dans la vie. Les défenseurs du logement abordable font valoir que le logement est un droit et non un privilège, et qu’il devrait être abordable pour tous les membres de la société. Je suis d’accord avec les deux, mais la façon dont nous mettons en œuvre l’une ou l’autre est déterminante eu égard à la perception du projet par le grand public.
Par exemple, le niveau de logements abordables dans la plupart des pays occidentaux ont en fait diminué en pourcentage global du marché du logement. Cela est dû au fait que les défenseurs du logement abordable adoptent la même approche que les défenseurs du revenu de base – à savoir que le logement abordable est là pour alléger le stress du logement cher et que le logement abordable devrait surtout profiter aux moins fortunés. En partageant leur sort avec les pauvres, ils limitent gravement la base de leur soutien politique.
Comparons cela à Vienne, en Autriche. À Vienne, environ 50 % du parc de logements appartient à la ville, qui en assure la gestion et l’entretien. La moitié du parc de logements constitue donc un bien public. Les loyers sont remarquablement abordables pour une ville de classe mondiale, ce qui apporte dynamisme et diversité. Cependant, la principale raison pour laquelle cela a été possible (outre la Seconde Guerre mondiale) est que la classe moyenne et la classe économique inférieure avaient un intérêt direct dans le succès de ce logement social. Cette base politique beaucoup plus large assure la poursuite des projets de logements abordables. Le revenu de base doit adopter la même approche et cesser de préconiser des projets pilotes de revenu de base comme substitut à l’aide sociale ou comme outil de réduction de la pauvreté. C’est peut-être le cas, mais nous ne devrions pas plaider en faveur d’un revenu de base de cette façon.
Comparons le succès de ces projets pilotes de revenu de base au Fonds de dividendes de l’Alaska, créé en 1976. Le fonds demeure encore aujourd’hui extrêmement populaire et ne risque pas de disparaître. Pourquoi ? Parce que tout le monde comprend ! Aucun projet pilote n’a été réalisé avant la création du fonds de dividendes de l’Alaska et aucun effet négatif n’est apparu après sa mise en œuvre. S’il y a une voie à suivre pour le revenu de base, c’est la mise en œuvre d’un niveau inférieur de revenu de base, mais qui s’adresse à tous – en particulier aux contribuables qui travaillent dur et qui votent.
Il est temps que les défenseurs du revenu de base changent leur fusil d’épaule et modifient leur stratégie pour convaincre la personne moyenne de voter en faveur de cette mesure. Il peut s’agir d’un parti politique distinct (pour un autre poste) ou d’un partisan clair du revenu de base, comme Andrew Yang aux États-Unis, qui a placé le revenu de base au centre de sa campagne présidentielle. Quelle que soit la façon dont vous voyez les choses, tentez de faire en sorte que le revenu de base devienne une réalité en remplaçant ou en complétant les prestations d’aide sociale est une idée vouée à l’échec. Mettez la classe moyenne de votre côté et vous gagnerez la guerre, sinon faites-le à vos propres risques et périls.
[:fr]Le 17 octobre dernier, Asian Women for Equality de McGill organisait leur deuxième discussion publique sur le revenu de base et le développement durable à Montréal. L’événement a consisté en une table ronde sur le rôle du revenu de base dans la construction d’un avenir durable. Celle-ci était composée de Rob Rainer du Réseau canadien pour le revenu garantie, et de Cathy Orlando, fondatrice du Lobby Climatique des Citoyens de Canada. Des représentants communautaires de Justice Climatique Montréal, du Symposium de recherche sur le développement durable de McGill et d’Action Réfugiés Montréal étaient également présents pour poser des questions et guider la discussion pour les dizaines de citoyens qui se sont présentés pour en apprendre plus à propos du revenu de base et du développement durable.
Sarah Mah, organisatrice principale de l’événement et porte-parole d’Asian Women for Equality, a débuté la soirée en soulignant la pertinence du sujet abordé. Moins de deux semaines après la publication du rapport par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), Mah a mentionné l’urgence de trouver des solutions viables pour lutter contre le changement climatique, sous peine de catastrophe écologique. Comme elle l’a expliqué, les pays les plus pauvres sont les plus affectés par les problèmes climatiques et n’ont pas les ressources nécessaires pour y faire face. De même, le lien entre pauvreté, identité et climat est devenu évident: les femmes pauvres sont plus touchées par le changement climatique que tout autre groupe. En effet, il y a en moyenne 75% de plus de femmes que d’hommes qui meurent dans des circonstances liées à des catastrophes environnementales.
Heureusement, tout espoir n’est pas perdu – un point que Rob Rainer, a souligné dans sa présentation. Celui-ci a expliqué que si nous voulons un vrai changement, nous avons besoin de plus que de simples engagements transitoires; mais plutôt un changement de paradigme, c’est-à-dire un changement qui affecterait considérablement nos relations sociales, économiques et écologiques avec le monde qui nous entoure. Pour Rainer, ce changement consiste dans un revenu de base pour tous. Même si le revenu garanti représente un changement radical, il est plus possible aujourd’hui que jamais auparavant. Le Canada ayant déjà un revenu garanti pour les enfants et les adultes plus âgés – pourquoi ne pas en créer un pour le reste de la population?
Tel que Rainer l’a souligné, “ne croyez jamais que nous ne pouvons pas nous permettre d’obtenir un revenu de base […] dans un grand pays riche comme celui-ci”. Avec un revenu de base, les gens auraient davantage de ressources et de temps pour faire des choix plus écologiques et s’impliquer dans leur communauté. Le revenu de base donnerait aux citoyens les moyens de s’engager dans l’agriculture urbaine, de participer aux économies alimentaires locales, de surveiller la faune, de nettoyer les rives du plastique et de participer à une politique environnementale plus large. Toutes ces choses sont nécessaires si nous voulons améliorer l’état de notre planète. Cependant, comme le mentionnait Rainer, il est très difficile de faire ces choses sans les moyens adéquats. Un revenu garanti nous fournirait ces moyens et donnerait aux gens l’occasion de s’engager avec leur communauté et leur environnement.
La deuxième panéliste, Cathy Orlando, a repris à son compte plusieurs arguments de Rainer, mais a surtout démontré que l’effet du revenu garanti sur l’environnement représente beaucoup plus que la promotion d’action individuelle. Le revenu garanti pourrait en effet être (en partie) financé par une politique de redevance de carbone et de dividende. De cette façon, le revenu garanti renforcerait non seulement l’action environnementale après que les gens aient reçu leur argent, comme l’expliquait Rainer, mais pourrait également être financé de manière à inciter les gens à réduire leur contenu de CO2 dès le départ. Or, qu’est-ce qu’une politique de taxe sur le carbone et de dividende? Comme l’a expliqué Orlando, une politique de taxe du carbone et de dividende «impose une redevance de plus en plus importante sur la pollution par le carbone et redonne tout l’argent aux gens sous forme de chèque, quel que soit leur revenu, indépendamment de leur contenu CO2». De plus, Orlando a souligné les principaux avantages de cette politique, outre la réduction évidente des émissions. Tout d’abord, le revenu de base aiderait les familles en mettant de l’argent directement dans leur poche. De plus, il serait non partisan et représenterait un net avantage pour tout le monde, indépendamment de leurs opinions politiques. Il soutiendrait également les solutions de marché novatrices, en incitant les entreprises à fabriquer des produits qui réduisent les émissions des consommateurs, leur permettant ainsi de faire des économies en plus d’être plus compétitifs et rentables à long terme. Enfin, le revenu de base aurait la capacité d’augmenter de manière prévisible et progressive, ce qui le rendrait plus sain pour une économie en croissance et un marché fluctuant. Par son travail en tant que responsable de la sensibilisation internationale et canadienne pour le Lobby Climatique des Citoyens de Canada, Orlando a travaillé avec des centaines de citoyens pour qu’une version de ce projet de loi au Parlement impose 150 USD / tonne de carbone d’ici 2030. Bien qu’elle semblait très optimiste que le projet de loi serait adopté, elle a souligné que nous avons beaucoup de travail à faire: “Ces choses prennent du temps, mais nous n’avons pas le temps en cette crise climatique […] Nous devons nous assurer de ne pas perdre ce projet”.
Après les présentations des panélistes, les répondants de la communauté et les membres du public ont eu l’occasion de poser des questions. En réponse à la question de Vincent Duhamel de Justice Climatique Montréal sur les calculs et les critères exacts pour un revenu de base, Orlando a souligné que ces changements politiques peuvent prendre beaucoup de temps à se concrétiser. Le mieux que nous puissions faire en tant que citoyens, a-t-elle dit, consiste à contacter nos représentants et à faire entendre nos demandes. De nombreuses autres questions ont suivi, approfondissant les détails d’un revenu garanti et de ses effets sur différents groupes de personnes. En réponse à notre question sur la manière dont un revenu de base aiderait à réduire la consommation excessive, Rainer et Orlando se sont entendus pour dire que le revenu de base serait «comme un sentiment de calme» puisqu’il assurerait la sécurité des personnes et constituerait une base sur laquelle les personnes pourraient se développer et prendre de meilleures décisions financières et environnementales. Paul Clark, d’Action Réfugiés Montréal, a posé une question importante: comment le revenu de base affecterait-il les demandeurs d’asile au Canada? À nouveau, Orlando a souligné que le parlement pourrait prendre du temps pour définir les détails exacts ainsi que les bénéficiaires de la politique, mais les deux experts ont convenu que le revenu de base devrait représenter un droit humain et ne devrait pas être limité. Comme l’a mentionné Rainer, «Que vous soyez un réfugié, un immigrant ou un Canadien, si vous êtes au Canada, il devrait y avoir un système mis en place pour vous aider avec les choses dont vous avez besoin».
De nombreuses discussions ont suivi, mais un membre de l’audience a posé une question particulièrement pertinente vers la fin de l’événement: que faisons-nous si c’est la première fois que nous entendons parler de cela et désirons participer à ce projet? La réponse à cette question est à la fois simple, mais nuancée. Comme Rainer, Orlando et Mah l’ont fait remarquer, les points d’entrée dans la lutte pour un monde plus juste et plus libre sont multiples. Certains s’impliquent en politique, d’autres luttent pour des initiatives plus vertes au travail et à l’école, tandis que d’autres assistent à des événements comme celui-ci pour aider la communauté à mieux comprendre ces sujets et former leur opinions. Toutefois, ce qui unit tous ces efforts, est le désir et la conviction de réparer ce qui est brisé. Comme l’a dit Rainer, «nous avons la capacité de fournir à tout le monde. Avons-nous la volonté? “
Si vous lisez ceci et avez l’impression que nous avons cette volonté ici au Québec, nous espérons que vous nous contacterez pour nous aider à créer un revenu de base afin de faire notre part pour aider notre population, nos familles et notre planète.[:en]On October 17th, McGill’s Asian Women for Equality hosted the 2nd Public Conversation about Guaranteed Livable Income and Sustainability in Montreal. The even was a panel discussion on the role of Guaranteed Income in shaping a sustainable future. The panel featured Rob Rainer of Basic Income Canada Network and Cathy Orlando, the founder of the first chapter of Citizens Climate Lobby in Canada. Community respondents from Climate Justice Montreal, the Sustainability Research Symposium, and Action Réfugiés Montréal were also present to ask questions and guide discussion for the dozens of interested citizens who came to learn more about Guaranteed Income and sustainability.
Sarah Mah, the chief organizer of the event and spokesperson for Asian Women for Equality, kicked the event off by reminding the audience of the relevance of this topic. Speaking less than two weeks after the UN Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) released their landmark report, Mah commented on the urgency we face to find viable options to curtail climate change, lest we face ecological catastrophe. As she explained, poorer countries are facing growing climate issues and do not have the resources to properly deal with it. Similarly, the link between poverty, identity, and climate has become evident: poor women are more severely impacted by climate change than any other group, with 75% more women than men dying in environmental issues on average.
Fortunately, not all hope is lost – a point Rob Rainer, the first panel speaker, emphasized in his presentation. He hammered home that if we want real change, it requires more than a few fleeting commitments; it requires a paradigm shift. That is, we need a change that dramatically affects our social, economic, and ecologic relationship with the world around us. That change is a Guaranteed Income for all. Rainer went on to show that despite Guaranteed Income representing a total shift in the way we function, it is more feasible today than ever before. Citing our Canada Child Benefit plan and our national pension, Rainer effectively argued that we already have a Guaranteed Income for children and older adults – so why not the rest? As he put it, “never believe we can’t afford a basic income […] especially in a big rich country like this”. With this basic income, people would have more resources and time to make greener choices and engage in their community. Some examples of ways a Basic Income might empower citizens is by promoting urban farming, participation in local food economies, wildlife monitoring, plastic cleaning, and citizen engagement in broader environmental policy. All of these things are necessary if we want to improve our planet’s condition. The challenge however, as Rainer says, is that “it’s difficult to do [any of this] when you’re struggling”. A Guaranteed Income would alleviate this struggle and give people greater opportunity to engage with their community and environment.
The second panel speaker, Cathy Orlando, echoed many of Rainer’s points, but importantly showed that the effect of Guaranteed Income on the environment can go further than just promoting individual action. That is, Guaranteed Income could be (in part) funded by a carbon fee and dividend policy. In this way, Guaranteed Income would not only bolster environmental action after people receive the money, as Rainer explained, but could be funded in a way that incentivises people to reduce their carbon footprint from the get-go. But what is a carbon fee and dividend policy? As Orlando explained, a carbon fee and dividend policy “puts an incrementally increasing fee on carbon pollution and gives all the money back to people in a cheque, regardless of income, regardless of carbon footprint”. Put in this way, Orlando outlines four advantageous feature to the policy, beyond the obvious reduction in emissions. First, it helps families by putting money directly in their pocket. Second, it is non-partisan, representing a net advantage to people on both sides of the political spectrum. Third, it supports innovative market solutions to problems, by incentivising businesses to produce products that reduce consumer emissions, thus saving them money, and making the business more competitive and profitable in the long-run. Last, it has the capacity to “ramp-up” in a predictable and incremental way, making it healthy for a growing economy and fluctuating market. Through her work as the International and Canadian Outreach Manager for the Citizens Climate Lobby, Orlando has worked with hundreds of citizens to push for a version of this bill in parliament that will charge $150/ton of carbon by 2030. While she seemed very optimistic that the bill would pass, she urged listeners to get involved. “These things take time, but we don’t have time in this climate crisis […] We have to make sure we don’t lose this”.
After the panel speeches, community respondents and members of the audience had the opportunity to pose questions to the panellists. In response to Vincent Duhamel’s of Climate Justice Montreal question on the exact calculations and criteria for a Basic Income, Orlando highlighted that these policy changes can take a long time to be decided. The best we can do as citizens, she argued, is to contact our representatives and make our demands heard in hopes of shaping the direction the policy will take. Many of the other questions followed suit, digging into the specifics of a Guaranteed Income and its effects on different groups of people. In response to our question on how a Basic Income would help curtail overconsumption, Rainer and Orlando converged in saying that Basic Income is “like a sense of calm”. It makes sure that people have security and provides a foundation from which people can grow and make better financial and environmental decisions. Paul Clark of Action Réfugiés Montréal posed an important question: How do refugee claimants fit into the Basic Income picture? Again, Orlando highlighted that specific policies can take time to hammer out the exact details and beneficiaries, but both panellists agreed that Basic Income should represent a human right and should not be restricted on the basis of refugee status. As Rainer put it, “Whether you’re a refugee, an immigrant, or a Canadian, if you’re in Canada, there should be a framework to support you with the things you need”.
Much discussion ensued, but a particularly important question came from an audience member towards the end of event: What do we do if this is the first we’re hearing about this and want to get involved? The answer to this question is both diverse and straightforward. As Rainer, Orlando, and Mah pointed out, the points of entry into fighting for a fairer, freer, and better world are multiple. Some involve getting involved in politics, some involve fighting for greener initiatives in your workplace and school, and some involve attending events like this one and learning from your community about their needs and concerns. What unites them all though is the desire and conviction to fix what is broken. As Rainer poses it, “We have the capacity to provide to everyone here. Do we have the political will?”
If you’re reading this and feel like we have that will here in Quebec, we hope that you will contact us and help us work towards instituting a Basic Income in Quebec to do our part to help our people, our families, and our planet.[:]
[:fr]
Le revenu de base
a le vent en poupe.
Au Québec, 3 partis
en proposent une version
dans leur plateforme.
À l’occasion de la 11e Semaine internationale du revenu de base (17-23 septembre), Revenu de base Québec dévoile un registre des prises de position des partis sur le revenu de base. Jusqu’ici, le Nouveau Parti Démocratique du Québec, le Parti Vert et Québec Solidaire mentionnent le revenu de base dans leur plateforme. Il est absent du programme de la CAQ, du PQ et du Parti Libéral, alors que ce dernier en avait introduit une version allégée dans son plan de lutte contre la pauvreté en décembre 2017. Au moment où commence la 11e Semaine internationale du revenu de base, nous souhaitons que tous les partis affichent clairement leur couleur sur ce sujet.
Pour notre part, nous sommes en faveur d’une réflexion sur une vision d’un revenu de base universel, inconditionnel, individuel et cumulable tel que le définit le Basic Income Earth Network (BIEN), auquel nous sommes affiliés. Notre intérêt pour cette approche du sujet se fonde en partie sur des résultats positifs avérés sur la santé, l’éducation et l’emploi, tant en Occident (Canada, États-Unis et Finlande, particulièrement) qu’ailleurs au monde (Inde, Namibie, Kenya, Ouganda) dans le cadre de projets-pilotes orientés vers la lutte à la pauvreté.
Toutefois, l’universalité est la caractéristique fondamentale de notre vision du revenu de base. Aussi trouvons-nous désolant que la discussion sur le sujet soit presqu’uniquement centrée sur la lutte à la pauvreté, occultant le fait que toute la population en bénéficierait et que l’implantation d’un revenu universel a le potentiel d’être une initiative sociale majeure du XXIe siècle.
De plus, axer la discussion sur l’universalité du revenu de base ouvrirait enfin le débat politique pour toutes les classes de la société. Particulièrement, la classe moyenne ne se sent pas concernée par le débat et se voit seulement comme le payeur éventuel de cette mesure, à même le fruit de son travail.
Nous croyons que le revenu universel agirait comme un ciment entre les briques essentielles de notre société, et dont l’importance est le objet d’un fort consensus: santé, éducation, emploi (surtout notre rapport au travail), inégalités sociales et (oui) environnement.
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