Conférence sur la santé et le revenu de base

Vous serez (ou pourriez être) à Ottawa, le 30 octobre?
Vous connaissez une personne qui y sera (ou pourrait y être)?
Prenez connaissance ou faites prendre connaissance de cet événement auquel revenu de base Québec participe.

Voici une occasion d’approfondir votre connaissance des rapports entre santé et revenu de base avec des super-spécialistes du sujet.

Pendant la Conférence canadienne sur la santé mondiale, deux activités proposées par Revenu de base Québec traiteront du revenu de base sous l’angle du développement, en général, et de la santé, en particulier:

  • à 8h30, une conférence de Guy Standing sur le thème: «Les programmes universels pour les objectifs de développement durable: amortir les crises»;
  • à 13h30, un symposium sur le thème: «Le revenu, un médicament non-médical», avec deux médecins canadiens favorables au revenu de base (Gary Bloch et Yv Bonnier Viger) et deux spécialistes mondiaux de ce sujet (Evelyn Forget et Guy Standing).

Que le revenu soit un déterminant social de la santé ne fait aucun doute: non seulement la pauvreté rend malade, mais elle tue.

Le revenu de base serait «bon pour la santé» des communautés.

La Conférence offre un moment de réflexion éclairée sur le sujet. le 30 octobre, à Ottawa.

Déclaration à l’Assemblée nationale

Harold Lebel

À l’occasion de la 10e Semaine internationale du revenu de base, Harold Lebel, député de Rimouski à l’Assemblée nationale a fait une déclaration où il demande au Gouvernement du Québec de s’engager dans cette voie.

Merci monsieur Lebel.

Du 18 au 24 septembre, se tient au Québec la 10e Semaine internationale du revenu de base sous le thème « Vivre décemment, ici et partout ». Le revenu de base permettrait à chaque Québécoise et Québécois de disposer d’un droit inaliénable à la vie décente et encouragerait la participation pleine et entière de chaque individu à la société en raison de son caractère universel et inconditionnel. Je souhaite donc que le gouvernement actuel s’engage résolument en ce sens. Celui de la dignité, de la lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale.

Posted by Harold LeBel on Wednesday, 20 September 2017

 

Guy Caron et le revenu de base

Peu de politiciens s’affichent publiquement pour le revenu de base, surtout dans le contexte à grande visibilité d’une campagne à la chefferie de son parti. Guy Caron, le député du Nouveau Parti démocratique pour la circonscription de Rimouski-Neigette-Temiscouata-Les Basques et candidat à la chefferie, est l’un de ces rares hommes politiques.

Vous aimeriez en savoir plus? Si vous êtes à Montréal, le 19 septembre, venez le rencontrer.

Il nous présentera sa vision du revenu de base, comment il y est arrivé, pourquoi il en a fait l’un des éléments clés de son programme de candidat à la chefferie de son parti.

Organisée par Revenu de base Québec, avec la collaboration du Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec, cette rencontre-dialogue se tient dans le cadre de la 10e Semaine internationale du revenu de base.

Horaire:
17h00, accueil
17h30, allocution de Guy Caron
18h00, échanges avec le député
19h00, échanges informelles
20h00, fin de la rencontre

(Note sur l’adresse: par métro, sortie Laurier du Métro Laurier.)

Réservation.

Bon pour le étudiants, le revenu de base

Une étude de la CADEUL

En 2006, à l’occasion l’une des résurgences de l’idée du revenu de base, la Confédération des associations d’étudiants et d’étudiantes de l’Université Laval (CADEUL) a publié une étude sur l’«allocation universelle», son autre nom le plus courant.

Le point de vue des étudiants est rarement entendu sur le sujet et le texte l’étude n’a pas pris une ride. Voyez l’une de ses conclusions sur les avantages que les étudiants en retireraient.

(L’allocation universelle) permettra d’améliorer l’accessibilité aux études postsecondaires du moment où elle permet à l’étudiant d’améliorer sa situation financière et de prévoir moins de dettes au moment de l’obtention de son diplôme. Pour le gouvernement, et à part le changement ou non de ses dépenses en éducation postsecondaire, il retire de cette mesure des gains dus principalement au niveau plus élevé de scolarité. Ainsi, il pourra percevoir plus de recettes fiscales futures du moment où les revenus futurs dépendent d’une façon positive du niveau de scolarité: ce sont des effets d’entraînement. De l’autre côté, ce niveau plus élevé de scolarisation permettra de diminuer les coûts engendrés par la multiplication de criminalité et de délinquance dans la société.

L’allocation universelle et l’éducation postsecondaire
Enjeux et perspectives
p. 28

On peut télécharger le texte entier à cette adresse.

Revenu et santé

Le revenu,
un remède non-médical?
On a répondu à la question,
le 30 octobre 2017, à Ottawa,
lors de la
Conférence canadienne
sur la santé mondiale

Parmi les déterminants sociaux de la santé, le revenu apparaît, de plus en plus, comme un élément majeur. Les études qui l’ont démontré sont très nombreuses et elles ont été menées sur tous les continents. Que ce soit entre les pays ou entre les régions d’un pays ou, même, entre les quartiers d’une ville, les inégalités de revenu ont partout comme corollaire des inégalités en santé. Résumé crûment: la pauvreté rend malade, et elle tue.

On peut dire, avec raison, que le revenu n’est qu’un des résultats de contextes sociaux-économiques complexes, mais il est intéressant de noter que toutes les fois où l’on a instauré, ne serait-ce que temporairement, un revenu de base universel dans une communauté, ses membres ont connu une amélioration sensible de leur santé, tant physique que mentale. Les projets-pilotes canadien (à Dauphin, Manitoba) et indien (dans l’état du Madhya Pradesh), entre autres, ne laissent aucun doute là-dessus.

Un médecin torontois, Gary Bloch, en est même arrivé à penser que c’est tout simplement la pauvreté qui était la cause de la maladie de certains de ses patients et que ce qu’il pouvait faire de mieux pour eux était de leur prescrire du revenu! Il sera membre du panel de ce symposium, il pourra dire comment cela fait partie de sa pratique.

Un autre médecin, actif depuis de nombreuses années en santé publique, au Québec, en Afrique et en Amérique du Sud, Yv Bonnier Viger, a sans doute suivi un parcours semblable puisqu’il est devenu un défenseur du revenu de base. Il sera lui aussi membre de ce panel.

Les autres panélistes, Evelyn Forget et Guy Standing, ont pris le chemin inverse: ce sont leurs recherches sur le revenu de base qui les ont menés à la santé. Evelyn Forget a analysé l’étude-phare sur le projet-pilot de Dauphin (Manitoba) et l’une de ses principales découvertes a été l’effet bénéfique du revenu de base sur la santé des citoyens de cette ville. Pour sa part, Guy Standing est indubitablement, depuis plus de 30 ans, l’un des principaux et plus actifs chercheurs universitaires sur le revenu de base. Il était au coeur du projet-pilote indien au Madhya Pradesh, en ayant assuré la coordination scientifique. Co-fondateur et président d’honneur du Basic Income Earth Network (BIEN), il connaît très bien l’état d’avancement mondial du sujet.

Le revenu peut-il être un remède?

La question mérite certainement d’être posée; ces panélistes y ont donné une réponse positive.

Revenu minimum et revenu de base

Ce n’est pas la même chose!
Pour s’y retrouver, ces définitions tirées de Wikipedia:

«Le revenu minimum est un niveau minimal de revenu que les États décident de garantir à tous leurs citoyens. Les étrangers en situation irrégulière ne sont pas concernés (…). Des critères d’âge sont utilisés ((…); sous cet âge il est considéré que les parents doivent subvenir au besoin des individus). Par ailleurs, ce revenu est modulé en fonction du type de ménage (nombre d’enfants). D’autres aides peuvent être simultanément accordés aux citoyens les plus pauvres (…).

«Le revenu de base (ou allocation universelle) est un cas spécifique de revenu minimum. La seule condition pour obtenir le revenu de base est en général la citoyenneté ou la résidence dans le pays concerné. Par conséquent, le revenu de base est universel et inconditionnel, et n’est pas soumis à un contrôle préalable des ressources. La logique du revenu de base vise à simplifier davantage le système de protection sociale tout en supprimant totalement les trappes à pauvreté, ainsi qu’à diminuer l’effet de stigmatisation qui accompagne souvent le fait de devoir demander à obtenir le revenu minimum.»

Projet-pilote de l’Ontario

Est-ce du véritable revenu de base?

Est-il individuel, inconditionnel, universel, cumulable, inaliénable, suffisant et de la naissance à la mort?

Trouvez les réponses dans ce tableau:

https://docs.google.com/document/d/1aRQT2fcibvMwXg7nj63PjTYI2ZtrcnZRHFOYTmF1mb0/edit?usp=sharing

 

Google Ad Grants

Heureuse nouvelle:

« Revenu de base Québec bénéficie d’un crédit de publicité Google Ad Grants. Le programme Google Ad Grants soutient les organisations à but non lucratif reconnues d’utilité publique qui partagent la philosophie de Google en matière de service à la communauté et qui œuvrent dans les domaines suivants : science et technologie, éducation, santé publique mondiale, environnement, programmes d’aide aux jeunes, art et culture. Google Ad Grants est un programme de publicité qui octroie des dons non financiers aux organisations à but non lucratif sous forme de publicités en ligne gratuites par l’intermédiaire de Google AdWords. »

L’équipe Google Ad Grants

Rencontre avec le ministre qui a écrit un livre sur le revenu de base

Le 12 et 13 novembre dernier, j’assistais à un congrès tenu par le Parti libéral du Québec qui dirige actuellement la province.

Le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, accompagné de son collègue aux finances de l’État, confirmait qu’un comité d’experts rendrait un rapport préliminaire sur le revenu de base au printemps. L’Ontario (dont la population avec celle du Québec forme 62% de la population canadienne), province voisine, vient tout juste de livrer un document de travail sur un projet pilote qui démarrerait en avril 2017. Québec ne semble pas envisager l’idée d’un projet pilote.

Durant son exposé, le ministre Blais accordait beaucoup d’importance aux principes sous-jacents au développement du projet de son gouvernement :

  • Le développement du capital humain (comme l’éducation, par exemple)
  • L’obligation de se protéger contre certains risques (avec, par exemple, l’assurance chômage et santé)
  • La redistribution des revenus

Le discours du ministre était fortement centré autour des incitatifs au travail ou à la formation (spécialement pour les analphabètes ou les personnes sans diplôme d’études secondaires).

Le principe d’inconditionnalité, aspect fondamental du revenu de base, ne fait donc pas partie du plan du gouvernement.

À la deuxième journée du congrès, c’était au tour du ministre de me demander s’il avait répondu à ma question. J’avais décrit ma situation personnelle comme cas de figure. J’ai 62 ans, donc trois années me séparent de ma pension de vieillesse du Canada, laquelle suffit généralement pour sortir les gens de la pauvreté (en tout cas, ça fonctionne pour moi!). Pourquoi le gouvernement s’intéresserait-il au développement de mon capital humain? Le ministre répond : « Dans un cas comme le vôtre, il faudrait reculer dans le temps pour voir quels sont les choix que vous avez faits. » J’ai plusieurs diplômes universitaires qui n’aident pas son argument. Je suis néanmoins sous-employé ou bien non employable.

Le ministre ne pouvait que répondre : « J’aurais besoin d’en connaître plus sur votre cas particulier. »

Et c’est ce que le gouvernement fait et fera encore à toutes ces personnes qui sont considérées comme étant « aptes au travail ». Un petit inconvénient bureaucratique pour celles « inaptes au travail » sera supprimé et leur insuffisante prestation sera bonifiée, en puisant à même les fonds autrefois utilisés pour les personnes « aptes », à mesure que celles-ci reprennent le boulot. Le gouvernement ne voit aucun problème avec la loi adoptée dernièrement (Loi 70 : Loi visant à permettre une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi ainsi qu’à favoriser l’intégration en emploi). Le gouvernement souligne les mesures positives qui sont imposées pour aider les participants à intégrer le marché de l’emploi. Les personnes qui préfèrent une approche non paternaliste (« Donnez-moi l’argent et laissez-moi faire mes propres choix ») sont pénalisées.

En fait, l’ironie, c’est qu’avant d’entrer en politique, le ministre Blais a écrit un livre pour défendre un revenu de base pour tous. Et il m’a confirmé qu’il croit toujours en ce qu’il a écrit il y a 15 ans.

Au Canada, les gouvernements fédéral et provincial remboursent tous deux la taxe de vente partiellement. Ici, au Québec, le Crédit de solidarité rembourse en partie la valeur estimée qu’ont payée les consommateurs. Plus votre revenu annuel augmente, plus le transfert mensuel diminue. Il fonctionne donc comme un impôt négatif sur les revenus. Le ministre s’est fait questionner au fait que ça pourrait être un premier échelon vers un revenu de base. Il a seulement répondu que cela constituerait « une approche plus radicale ». Évidemment, les crédits d’impôt n’ont pas d’impact sur le « capital humain ».

Vous pouvez être certains que je lirai à nouveau le livre de François Blais lorsque le rapport de son groupe d’experts nous parviendra l’an prochain.

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Texte de Pierre Madden, originalement publié sur BasicIncome.org | http://basicincome.org/news/2016/12/canada-meet-minister-wrote-book-basic-income/