Question d’intérêt

Ce balado de Gérald Fillion (RDI économie) consacré au revenu de base est à compter parmi les couvertures médiatiques les plus intéressantes, sérieuses et de qualité que l’on ait eues en ces temps de virus…

Gérald Fillion y reçoit les universitaires Geneviève Tellier (U. Ottawa) et François Blais (U. Laval), ce dernier ex-ministre. On peut ne pas être d’accord avec leurs prises de position, mais grâce aux questions très justes de Fillion, ils décrivent posément l’état de la question, et son futur probable.

Bonne écoute!

Mise en oeuvre attendue

Dans un communiqué récent, à l’approche du dévoilement du budget 2020-2021, le Collectif pour un Québec sans pauvreté rappelle quelques urgences au gouvernement Legault, dont:

Mettre en œuvre le revenu de base

Extrait:

«Voilà près de deux ans que le projet de loi visant l’instauration du programme de Revenu de base a été adopté et le règlement visant sa mise en œuvre n’a toujours pas été édicté, souligne Serge Petitclerc en terminant. Rien ne justifie un tel report. Rappelons que ce programme est censé assurer des revenus à la hauteur de la MPC [Mesure du panier de consommation] aux personnes avec des contraintes sévères à l’emploi, en plus de les exempter de plusieurs des conditions et pénalités inhérentes aux autres programmes d’aide de dernier recours.

«Le Collectif tient à ce que le règlement soit adopté rapidement afin de confirmer que les gens auront bel et bien accès à un revenu leur permettant de couvrir la totalité de leurs besoins de base et aux autres mesures promises comme l’individualisation des prestations, l’exemption des gains de travail et l’exclusion unique de 500 000 $ pour la valeur des biens et les avoirs liquides. Le gouvernement a créé de telles attentes avec ce programme que tout recul serait intolérable.»

SOURCE:

Merci au Collectif: c’est un rappel opportun.

Pour en lire plus:
https://www.lelezard.com/communique-19162185.html

Gary Kasparov

Extraits d’une entrevue récente, avec le journaliste Benoît Théric de Clubic:
«Défait en 1997 face à l’IA Deep Blue d’IBM, Gary Kasparov estime aujourd’hui que des logiciels de ce genre pourraient provoquer la disparition de 96 % des emplois dans les années à venir.»

«L’ancien champion invite ainsi les gouvernements à réfléchir à la mise en place d’un revenu de base universel.» 

Trois libertés

À lire, cet excellent article de Guy Standing, grand spécialiste du revenu de base, sur trois libertés: libertaire, libérale et républicaine.

Extrait de l’article (sur la liberté républicaine):

«Il s’agit de la liberté de ne pas subir la domination irresponsable de personnes en position d’autorité ou d’influence. Ce n’est pas une liberté si je ne peux faire quelque chose que tant que j’ai la permission ou le consentement implicite de quelqu’un, que ce soit un conjoint, un bureaucrate, un ancien de la communauté ou autre. Ce n’est pas de la liberté si une femme doit demander à son mari si elle peut faire quelque chose, et ce n’est pas plus le cas si c’est un homme bienveillant qui n’intervient que rarement, voire jamais. Le fait qu’il puisse intervenir, s’il le souhaite, est ce qui limite la liberté républicaine. C’est ce que le revenu de base aspire à fournir en étant individuel, inconditionnel et inaliénable. Avoir la garantie d’une sécurité de base, c’est, pour reprendre une phrase célèbre, passer le test du globe oculaire : la capacité de regarder les autres comme des égaux.»

Dividende ou revenu universel de base?


En novembre 2019, une conférence a réuni ces deux personnages qui sont deux «vedettes» à part entière, chacun dans son domaine, et deux amis aussi: Brian Eno et Yanis Varoufakis.

La vidéo est intéressante en entier, mais pour nous qui nous intéressons au revenu de base, quelques minutes, où Varoufakis mentionne la notion de dividende de base en opposition à revenu de base, méritent d’être vues.

C’est entre la 50e et la 54e minutes de la vidéo.

Andrew Yang n’était pas le premier à adopter le mot dividende; Peter Barnes et d’autres l’avaient fait avant. Mais gageons que ce mot fera parti du débat public, de plus en plus. Un dividende universel, plutôt qu’un revenu universel, traite tous les citoyens comme parties prenantes des actifs communs, ceux du passé et ceux du présent, comme des ayant droits aux profits des activités qui sont générées.

Bon visionnement!