Question d’intérêt

Ce balado de Gérald Fillion (RDI économie) consacré au revenu de base est à compter parmi les couvertures médiatiques les plus intéressantes, sérieuses et de qualité que l’on ait eues en ces temps de virus…

Gérald Fillion y reçoit les universitaires Geneviève Tellier (U. Ottawa) et François Blais (U. Laval), ce dernier ex-ministre. On peut ne pas être d’accord avec leurs prises de position, mais grâce aux questions très justes de Fillion, ils décrivent posément l’état de la question, et son futur probable.

Bonne écoute!

Trois libertés

À lire, cet excellent article de Guy Standing, grand spécialiste du revenu de base, sur trois libertés: libertaire, libérale et républicaine.

Extrait de l’article (sur la liberté républicaine):

«Il s’agit de la liberté de ne pas subir la domination irresponsable de personnes en position d’autorité ou d’influence. Ce n’est pas une liberté si je ne peux faire quelque chose que tant que j’ai la permission ou le consentement implicite de quelqu’un, que ce soit un conjoint, un bureaucrate, un ancien de la communauté ou autre. Ce n’est pas de la liberté si une femme doit demander à son mari si elle peut faire quelque chose, et ce n’est pas plus le cas si c’est un homme bienveillant qui n’intervient que rarement, voire jamais. Le fait qu’il puisse intervenir, s’il le souhaite, est ce qui limite la liberté républicaine. C’est ce que le revenu de base aspire à fournir en étant individuel, inconditionnel et inaliénable. Avoir la garantie d’une sécurité de base, c’est, pour reprendre une phrase célèbre, passer le test du globe oculaire : la capacité de regarder les autres comme des égaux.»

Le Revenu social universel garanti

Revenu social universel garanti (ou RSUG), c’est sous ce nom que le Front commun des personnes assistées sociales du Québec et le Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec réfléchissent à l’idée du revenu de base. Les groupes membres du Front commun ont entamé cette réflexion aussi loin que 1996. Ils ont la volonté de porter le débat sur la place publique prochainement.

Ils ont commencé à donner des formations sur le sujet. Récemment, lors du colloque Ensemble, Autrement!, tenu par le Collectif pour un Québec sans pauvreté,  ils ont donné un atelier sur le RSUG vu du point de vue des droits humains.

Il y a une vingtaine de droits reconnus mondialement. Ce sont ceux qu’ont établis la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civiles et politiques. Cela va du droit à la vie à celui d’un niveau de vie suffisant, en passant par le droit à la santé et le droit d’expression ainsi que plusieurs autres.

Au Québec, le Ministère de l’Emploi et de la Solidarité social reconnaît neuf besoins fondamentaux : alimentation, logement, entretien ménager, soins personnels, communications, habillement, ameublement, transport et loisirs. À l’évidence, selon les données qui ont été présentées lors de l’atelier, et qui sont bien connues, ni l’aide sociale, ni les bourses et prêts pour les études, ni les prestations de chômage, ni la pension de vieillesse, ni même un emploi à temps plein au salaire minimum ne permettent de combler tous ces besoins dans la plupart des cas.

Pour le Front commun et pour le Groupe de recherche, le Revenu social universel garanti est de l’ordre d’un nouveau droit humain. Ce serait un revenu qui répond aux mêmes critères que les autres concepts d’un tel revenu, quel que soit leur nom : il serait universel, individuel, inconditionnel, inaliénable et cumulable à tout autre revenu. Il serait particulièrement efficace pour sortir les démunis du piège de la pauvreté en leur permettant de gagner d’autres revenus sans pénalité et, comme ils auraient le même traitement que tous les autres membres de la société, ils ne subiraient plus les préjugés associés au « bien-être social », ils seraient traités dignement, comme des citoyens à part entière.

(Voir ce Vox pop sur le RSUG.)