Le Québec au Sénat

Pour faire avancer l’idée du revenu de base au Parlement canadien, il ne faut pas ignorer l’influence des membres québécois du Sénat.

En voici la liste. Si vous en connaissez, ne manquez pas de leur envoyer un message en cliquant sur leur nom puis sur leur adresse courriel.

(En prime, vous aurez leur biographie et vous apprendrez à connaître ces législateurs peu connus.)

Bellemare, Diane
Boisvenu, Pierre-Hugues
Brazeau, Patrick
Carignan, Claude, c.p.
Dagenais, Jean-Guy
Dalphond, Pierre J.
Dawson, Dennis
Dupuis, Renée
Forest, Éric
Galvez, Rosa
Gold, Marc, c.p.
Housakos, Leo
Loffreda, Tony
Massicotte, Paul J.
Mégie, Marie-Françoise
Miville-Dechêne, Julie
Petitclerc, Chantal
Saint-Germain, Raymonde
Seidman, Judith G.
Smith, Larry W.
Verner, Josée, c.p.

Ne manquez pas de nous faire connaître les résultats de vos démarches.

Revenu de base et natalité

Les États-Unis comprennent l’un des rares endroits sur Terre où un revenu de base universel (sous l’appellation de «dividende») a effectivement été mis en place: l’Alaska. En 2019, le dividende était de 1 606 $ par personne, soit 6 424 $ pour une famille de quatre personnes.

Pour les chercheurs qui s’intéressent à la fertilité humaine, cela soulève une question évidente : un revenu de base versé à chaque adulte et à chaque enfant encourage-t-il les familles à avoir plus d’enfants?

La réponse semble positive, selon les recherches qui ont été menées. Pour en savoir plus: cet article (en anglais) de Vox.

L’intellectuel qui naguère se présentait comme gardien de la social-démocratie

Ce vendredi 20 novembre 2015, Jean-François Caron publiait un article dans le Journal de Montréal à propos du Ministre François Blais :
Aujourd’hui ministre de l’Éducation, François Blais était autrefois professeur de philosophie politique à l’Université Laval. Il était alors un chercheur progressiste qui s’était démarqué par la proposition d’un revenu minimum garanti pour tous les citoyens. (Caron, 20 novembre 2015)
Pour compléter, ajoutons les toutes premières lignes du livre que François Blais, l’intellectuel, a consacré à ce sujet :
 
La réflexion sur l’avenir de l’État-providence ne progresse plus. Les propositions qui visent son démantèlement ou qui soutiennent des coupes draconiennes dans la sécurité sociale ont réussi à conditionner l’esprit d’une partie importante et influente de la population. Les intellectuels eux-mêmes, qui naguère se présentaient comme les gardiens de la social-démocratie, se laissent séduire et certains les défendent avec un enthousiasme qui frise l’aveuglement. (Blais, 2001)
 
L’auteur de l’article publié dans le Journal de Montréal vendredi dernier pose alors la question :
 
Comment peut-on expliquer qu’un individu jadis si convaincu et fier de ses idéaux (au point de se commettre publiquement par la publication d’un ouvrage) en soit venu à abdiquer aussi facilement ses principes devant le diktat imposé par le président du Conseil du trésor? (Caron, 20 novembre 2015)
 
Nous posons également la question en plus de celle-ci :
Monsieur Blais est-il de ces intellectuels qui « naguère se présentaient comme les gardiens de la social-démocratie », qui maintenant « se laissent séduire » par les propositions « qui visent le démantèlement » de l’État-providence « ou qui soutiennent des coupes draconiennes dans la sécurité sociale » et qui « les défendent avec un enthousiasme qui frise l’aveuglement »?

Le Revenu social universel garanti

Revenu social universel garanti (ou RSUG), c’est sous ce nom que le Front commun des personnes assistées sociales du Québec et le Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec réfléchissent à l’idée du revenu de base. Les groupes membres du Front commun ont entamé cette réflexion aussi loin que 1996. Ils ont la volonté de porter le débat sur la place publique prochainement.

Ils ont commencé à donner des formations sur le sujet. Récemment, lors du colloque Ensemble, Autrement!, tenu par le Collectif pour un Québec sans pauvreté,  ils ont donné un atelier sur le RSUG vu du point de vue des droits humains.

Il y a une vingtaine de droits reconnus mondialement. Ce sont ceux qu’ont établis la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civiles et politiques. Cela va du droit à la vie à celui d’un niveau de vie suffisant, en passant par le droit à la santé et le droit d’expression ainsi que plusieurs autres.

Au Québec, le Ministère de l’Emploi et de la Solidarité social reconnaît neuf besoins fondamentaux : alimentation, logement, entretien ménager, soins personnels, communications, habillement, ameublement, transport et loisirs. À l’évidence, selon les données qui ont été présentées lors de l’atelier, et qui sont bien connues, ni l’aide sociale, ni les bourses et prêts pour les études, ni les prestations de chômage, ni la pension de vieillesse, ni même un emploi à temps plein au salaire minimum ne permettent de combler tous ces besoins dans la plupart des cas.

Pour le Front commun et pour le Groupe de recherche, le Revenu social universel garanti est de l’ordre d’un nouveau droit humain. Ce serait un revenu qui répond aux mêmes critères que les autres concepts d’un tel revenu, quel que soit leur nom : il serait universel, individuel, inconditionnel, inaliénable et cumulable à tout autre revenu. Il serait particulièrement efficace pour sortir les démunis du piège de la pauvreté en leur permettant de gagner d’autres revenus sans pénalité et, comme ils auraient le même traitement que tous les autres membres de la société, ils ne subiraient plus les préjugés associés au « bien-être social », ils seraient traités dignement, comme des citoyens à part entière.

(Voir ce Vox pop sur le RSUG.)

Essai sur les injustices (Derriennic, 2015)

EssaiDerriennicBien qu’il ne consacre que quelques pages au revenu de base (qu’il appelle « allocation universelle »), le livre de Jean-Pierre Derriennic, Essai sur les injustices, est d’un grand intérêt pour qui s’intéresse au revenu de base. Il le place en effet dans le cadre d’une large réflexion sur les injustices du point de vue de la philosophie politique, en démontrant qu’il est une bonne solution aux inégalités économiques. J.-P. Derriennic propose une réflexion qui incite à l’action, tout en se donnant des arguments solides.

Une injustice est un malheur évitable. Les malheurs sont des injustices quand ils sont causés, volontairement ou non , par des institutions ou par des actions humaines. (p. 4)

À partir de cette définition toute simple et lumineuse des injustices et après avoir situé son Essai dans l’ensemble des écrits majeurs sur le sujet, l’auteur analyse plusieurs des injustices qu’on retrouve dans les sphères de l’économie, de la justice, de la politique et des relations internationales et il propose chaque fois des solutions pratiques, des idées, dit-il avec une pointe d’humour « qui pourraient être utiles pour orienter un bricolage politique. » (p. 5)

***

Essai sur les injustices de Jean-Pierre Derriennic a été publié par les Presses de l’Université Laval, au début 2015. (On peut se le procurer en ligne.)