Les arts et le revenu de base

75 000 artistes se mobilisent

Aujourd’hui, des artistes, des auteur.trice.s, des technicien.ne.s et des interprètes demandent au Premier ministre Justin Trudeau de créer un revenu minimum garanti permanent.

Lettre publique
de communautés artistiques du Canada
en faveur d’un revenu minimum garanti


Les effets de la pandémie sur les vies humaines sont dévastateurs. Des millions de personnes sont toujours sans travail, des lieux de diffusion, toujours fermés, des moyens d’assurer la subsistance des travailleur.se.s, perdus.

« En tant que partenaires du secteur des arts et de la culture, nous vous demandons de donner aux Canadien-ne-s la chance de vivre, et non plus seulement de survivre. »

« Un Revenu Minimum Garanti serait développé sur la base des programmes existants incluant la PCU. Il offrirait une sécurité financière qui comblerait les besoins de base des individus et leur permettrait de participer pleinement à la société en vivant avec dignité, peu importe le
statut de leur emploi. »

Cette lettre publique, signée et endossée par plusieurs grandes organisations du secteur des arts et de la culture au Canada ainsi que par plusieurs artistes de renom, enjoint le gouvernement à faire preuve de créativité en adoptant un « un programme universel et inconditionnel de soutien au revenu garantissant un seuil de revenu minimum à toutes les personnes qui en ont besoin ».

Dans un contexte comme celui de la pandémie de la Covid-19, le Canada pourrait mieux affronter épreuves, maladies et ruptures avec un revenu garanti. « C’est ici et maintenant que le changement peut survenir », écrivent les co-auteur.trice.s de la lettre : Craig Berggold, Zainub Verjee et Clayton Windatt.

« Il est temps d’adopter un revenu garanti », proclament des acteurs de la communauté artistique de partout à travers le Canada, incluant le Gwaandak Theatre (Yukon), le Conseil québécois du théâtre (Québec), le South Asian Visual Arts Centre (Ontario), le Kehewin Native Dance Theatre (Alberta), les techniciens de la scène et du film de l’I.A.T.S.E., la Fédération canadienne des musiciens, les artistes visuels de CARFAC, la Fédération culturelle canadienne-française, la Canadian Actors’ Equity Association, la chanteuse d’opéra Adrianne Pieczonka, l’autrice Judy Rebick, le cinématographe John Greyson, et bien d’autres…

En anglais, on peut trouver le dossier complet de ce projet ici.

Daniel Häni

«Pour le zèle et l’obéissance, il y a des machines» Daniel Häni

En Suisse comme partout, la crise sanitaire ramène le revenu de base au coeur de l’actualité.
swissinfo.ch y trouve l’occasion d’interviewer l’entrepreneur bâlois Daniel Häni. L’un des plus grands promoteurs du référendum suisse sur le revenu de base de 2016, il y débusque quelques-uns des mythes sur le sujet.

Sur les sales boulots:

swissinfo.ch: Lors du vote de 2016, ne pensez-vous pas que de nombreux citoyens se sont demandé qui nettoierait encore les toilettes avec un revenu de base inconditionnel?
Daniel Häni: Cette question permet de comprendre beaucoup de choses. Cela implique l’attitude suivante: si nous voulons que les toilettes soient propres, nous devons rendre les gens existentiellement dépendants de ce travail pour qu’ils le fassent. Nous ne l’appelons pas «sale boulot» simplement parce qu’il s’agit de nettoyer la saleté. La peur existentielle rend les gens manipulables, dociles. Ceux qui ont de l’argent peuvent se débarrasser de ceux qui n’en ont pas. Mais cela ne fonctionne que si l’existence de base n’est pas assurée. Avec un revenu inconditionnel, personne ne pourrait être forcé de faire quoi que ce soit par peur existentielle.

Sur l’oisiveté:

swissinfo.ch: Le revenu de base inconditionnel ne promeut-il pas l’idée que «l’oisiveté est la mère de tous les vices»?
D. H.: Le RBI conduit à plus de volontariat dans le travail et favorise l’autodétermination et la volonté de créer. Qui ne doit pas, peut!

Lire en entier ici.

Philippe Van Parijs

Citations d’une récente entrevue de Philippe Van Parijs dans «korii.» (la verticale de Slate.fr).

Un revenu de base est un socle qu’il s’agit de glisser sous l’ensemble de la distribution des revenus. Même à long terme, il ne doit pas remplacer intégralement les allocations d’assurance sociale, par exemple les pensions de retraite et les indemnités de chômage involontaire, financées par les cotisations sociales.

Et même à long terme, il n’excluera pas non plus des compléments conditionnels d’assistance sociale, par exemple sous la forme d’aide aux personnes handicapées ou d’allocations loyer pour des personnes vivant seules.

Ce sont des idées centrales de Van Parijs , à la fois précises et nuancées.

Toute l’entrevue est à lire!